Contribution n°3 (Web)
Déposée le 26 août 2026 à 09h35
Cela devrait être une évidence après l'été qu'on vient de vivre et ses canicules successives, qui, je le rappelle, ne sont plus une exception, mais sont devenues une norme annuelle.
Nous avons eu des problèmes de sécheresse importants dans la région.
Implanter un data center ne fera que les amplifier chaque année.
Dans un monde où il faudrait parvenir à se défaire des structures polluantes et gourmandes en ressources, en construire une nouvelle va à l'encontre du bien être commun.
Contribution n°2 (Web)
Déposée le 24 août 2026 à 15h02
Cette opposition ne signifie pas un refus du numérique ni des évolutions technologiques. Elle repose sur une interrogation beaucoup plus fondamentale : est-il encore cohérent, en 2026, d’autoriser la construction d’infrastructures aussi importantes en ressources énergétiques et matérielles alors que nous sommes confrontés à une accélération manifeste du changement climatique ?
Nous venons de vivre une nouvelle période de canicule particulièrement marquante. Ces épisodes de chaleur deviennent plus fréquents, plus longs et plus intenses. Ils ont des conséquences très concrètes sur notre quotidien, notre santé, nos logements, nos écoles, nos espaces publics et nos besoins en eau.
Dans ce contexte, chaque nouveau projet doit être examiné avec une exigence environnementale renforcée.
Or un data center est une infrastructure particulièrement consommatrice d’énergie. Le ministère de la Transition écologique indique que les data centers représentent déjà 2,2 % de la consommation électrique française et que leur consommation pourrait être multipliée par 3,7 d’ici 2035.
Le projet de Paray-Vieille-Poste s’inscrit donc dans une tendance générale d’augmentation très importante des besoins énergétiques liés au numérique, notamment avec le développement de l’intelligence artificielle.
Je m’interroge sur la cohérence de cette trajectoire avec les objectifs de réduction de notre consommation énergétique et de lutte contre le changement climatique.
Je m’interroge également sur la consommation d’eau et sur les ressources nécessaires au fonctionnement et au refroidissement d’une telle infrastructure. Dans une région confrontée à des épisodes de sécheresse et à des périodes de fortes chaleurs de plus en plus fréquentes, l’utilisation de l’eau doit être considérée comme un enjeu majeur de tout nouveau projet industriel.
Le projet prévoit par ailleurs une importante production de chaleur fatale, avec jusqu’à 10 MW de chaleur à mettre à disposition. Cette chaleur pourrait théoriquement être valorisée, mais les informations disponibles indiquent qu’aucun réseau permettant aujourd’hui de l’acheminer n’est assuré.
Il serait donc particulièrement regrettable que cette chaleur soit produite en permanence sans solution concrète et garantie de valorisation.
La question de l’artificialisation et de l’imperméabilisation des sols doit également être prise en compte. Le projet concerne un site d’environ 29 655 m2 et prévoit différents aménagements extérieurs, dont des surfaces imperméables.
Dans une commune déjà fortement urbanisée et située dans un secteur particulièrement dense de l’Île-de-France, chaque mètre carré de sol doit être considéré comme une ressource à préserver.
Les sols jouent un rôle essentiel dans l’infiltration des eaux pluviales et dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains. Lorsque les épisodes de pluies intenses et de fortes chaleurs se multiplient, conserver des sols perméables et de la végétation devient un enjeu de résilience locale.
Il faut également prendre en considération les infrastructures énergétiques nécessaires au projet, ainsi que les groupes électrogènes prévus sur le site.
Je considère qu’un projet de cette ampleur ne peut pas être évalué uniquement au regard de ses performances techniques ou de ses éventuelles retombées économiques. Il doit être évalué au regard de son impact global sur le territoire et sur les ressources dont nous disposerons demain.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à une situation climatique qui nous impose de revoir nos priorités.
La question n’est plus seulement de savoir si un projet peut être techniquement réalisé.
La question est de savoir s’il est souhaitable de le réaliser, ici et maintenant, dans un territoire déjà fortement urbanisé et soumis aux conséquences du réchauffement climatique.
La multiplication des data centers pose précisément cette question. La demande numérique augmente rapidement, mais les ressources nécessaires à cette croissance ne sont pas infinies.
L’électricité, l’eau, les sols et la capacité des réseaux sont des ressources collectives.
Le développement du numérique ne peut pas conduire à considérer ces ressources comme disponibles sans limite.
Je demande donc que l’autorisation de ce projet soit réexaminée avec une exigence environnementale maximale et que soient notamment apportées des garanties précises, chiffrées et vérifiables concernant :
• la consommation annuelle d’électricité du site ;
• la puissance électrique maximale appelée ;
• la consommation d’eau, notamment en période de fortes chaleurs ;
• les modalités précises de refroidissement des installations ;
• les émissions de gaz à effet de serre liées à la construction puis au fonctionnement du site ;
• l’impact des groupes électrogènes et leurs conditions de fonctionnement ;
• les surfaces réellement imperméabilisées ;
• les mesures prévues pour lutter contre les îlots de chaleur ;
• la réutilisation et l’infiltration des eaux pluviales ;
• la valorisation effective des 10 MW de chaleur annoncés, avec un calendrier et des engagements précis, et non une simple possibilité théorique.
Il me semble également indispensable que soit étudié le scénario consistant à ne pas réaliser ce projet, afin de mesurer précisément ce que représenterait son absence en matière de consommation d’énergie, d’eau, d’émissions et d’artificialisation.
À l’heure où nous demandons aux citoyens de réduire leur consommation d’eau et d’énergie, où les collectivités doivent adapter leurs villes aux fortes chaleurs et où les conséquences du changement climatique deviennent visibles jusque dans notre quotidien, il serait difficilement compréhensible d’autoriser parallèlement une infrastructure susceptible d’accroître fortement les besoins en énergie et en ressources.
La question que nous devons nous poser est celle de la cohérence de nos choix.
Nous ne pouvons pas demander aux générations futures de s’adapter à un climat plus difficile tout en continuant à développer des infrastructures qui augmentent nos besoins en ressources sans démontrer de manière incontestable leur compatibilité avec les limites environnementales de notre territoire.
Pour toutes ces raisons, je dépose un avis défavorable au projet de data center de Paray-Vieille-Poste et demande que son autorisation ne soit pas accordée en l’état.
Notre territoire a besoin d’être adapté au changement climatique. Il doit être rafraîchi, végétalisé, perméable et résilient.
Les décisions prises aujourd’hui doivent tenir compte du monde dans lequel nous vivrons demain.
Contribution n°1 (Web)
Déposée le 24 août 2026 à 13h55
LES IMPACTS :
1) Nuisances sonores :
Le fonctionnement continu (24h/24) des systèmes de ventilation et des groupes électrogènes crée un bruit de fond basse fréquence épuisant pour le voisinage, pour la faune et la flore. Nous avons déjà cela par le biais de l'aéroport et du site de maintenance de la ligne 14 de jour comme de nuit.
2) Denrée importante l'Eau :
- Pression majeure sur la ressource en eau : le refroidissement par évaporation (tours aéroréfrigérantes) consomme des millions de litres d'eau potable. Cela assèche les nappes phréatiques et réduit la disponibilité en eau pour la végétation locale, pour la faune et accessoirement pour nous êtres humains.
- En période de sécheresse, l'utilisation de l'eau potable par un data center entre directement en concurrence avec les besoins des habitants et des structures médicalisées plus importantes qu'un data center.
3) Tension sur l'électricité et ce n'est même pas un jeu de mots :
Un seul très grand data center peut consommer autant d'électricité qu'une ville moyenne, ce qui fait peser un risque sur la stabilité du réseau électrique local sachant que la société qui demande la création de ce data center en a déjà deux autres en projet proches de notre ville.
4) Risques industriels et sanitaires :
Les générateurs de secours (groupes électrogènes) fonctionnent souvent au fioul ou au diesel. Lors de leurs tests ou en cas de panne, ils émettent des particules fines et des oxydes d'azote. Certains systèmes de refroidissement utilisent des fluides frigorigènes ou des produits chimiques antipoussière et anti-corrosifs présentant des risques de fuite.
Malgré le cadre juridique français encadrant les data center, tous les impacts environnementaux seront bien présents même si sur le papier tous les jolis mots utilisés sont là pour nous rassurer. Le code de l'urbanisme et de la biodiversité n'est déjà pas respecté pour des usages professionnels simples donc il en sera de même pour l'usage des data center.
L'usage de l'eau même de pluie va à l'encontre du remplissage des nappes phréatiques qui souffre déjà actuellement en 2026.
Nous aimerions aussi que les arrêtés préfectoraux ne soient pas toujours dans le sens des sociétés qui polluent et en l'occurrence un data center est polluant
1) La pollution numérique et les déchets électroniques :
- Le matériel informatique d'un data center (serveurs, cartes mères, disques SSD/HDD, switchs réseau) a une durée de vie très courte, généralement de 3 à 5 ans, renouvelé pour maintenir des performances optimales.
- Accumulation de déchets toxiques : Ces équipements contiennent des métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) et des terres rares (lithium, tantale, néodyme). Lorsqu'ils sont recyclés de manière inadéquate ou exportés vers des pays en développement, ils contaminent les sols et les nappes phréatiques.
2) La pollution lumineuse
- Les complexes de data centers modernes s'étendent souvent sur des dizaines de milliers de mètres carrés et fonctionnent sans interruption.
- Éclairage de sécurité intensif : Pour des raisons de sûreté physique, le périmètre extérieur (clôtures, parkings, façades) est constamment éclairé la nuit par des projecteurs haute intensité.
- Impact chrono-biologique : il désoriente la faune nocturne (oiseaux migrateurs, chauves-souris, insectes), perturbant la chasse et la reproduction sur plusieurs kilomètres alentour.
3) La pollution électromagnétique :
- Champs magnétiques basse fréquence : Les transformateurs haute tension, les lignes d'alimentation enterrées ou aériennes, ainsi que les ondulateurs génèrent des champs électromagnétiques permanents perturbant le fonctionnement naturel du corps humain et perturbant le sommeil
- Ces champs interférent avec les espèces sensibles à l'électroréception ou au magnétisme (notamment certains insectes, oiseaux et petits rongeurs).
4. La pollution atmosphérique liée aux fluides frigorigènes :
- Les systèmes de climatisation au gaz reposent sur des hydrofluorocarbures ou de nouveaux fluides de synthèse > Impact à fort pouvoir réchauffant : En cas de fuites (inévitables à l'échelle d'une grande installation lors de la maintenance ou du vieillissement des joints), ces gaz ont un potentiel de réchauffement global (PRG) plusieurs milliers de fois supérieur à celui du CO2.
- Les Polluants éternels (PFAS) voir le reportage sur Arte qui est très explicit : Certains fluides frigorigènes modernes se décomposent dans l'atmosphère en composés chimiques ultrapersistants (PFAS) qui s'accumulent dans les pluies et la chaîne alimentaire et dans les êtres vivants quels qu'ils soient
5. La pollution sonore spécifique (Basses fréquences)
Au-delà de l'intensité sonore (mesurée en décibels), c'est la nature du son qui constitue une pollution spécifique :
- Bruits impulsionnels et infrasons : Les milliers de ventilateurs fonctionnant à régimes variables et les tours d'extraction créent un bourdonnement continu (hum) riche en basses fréquences.
- Propagation à longue distance : Les basses fréquences traversent très facilement les murs des habitations. Pour les riverains, cela peut engendrer des troubles du sommeil, du stress chronique, des acouphènes ou une sensation d'oppression, même à plusieurs centaines de mètres du site.