Contribution n°13 (Web)
Déposée le 21 septembre 2026 à 04h38
Document joint
Contribution n°12 (Web)
Déposée le 21 septembre 2026 à 04h38
Document joint
Contribution n°11 (Web)
Déposée le 17 septembre 2026 à 21h14
Il ne s’agit donc pas d’un équipement tertiaire ordinaire, mais d’une infrastructure industrielle particulièrement consommatrice d’électricité, génératrice de chaleur, nécessitant des équipements de secours importants et susceptible de produire des nuisances et des impacts environnementaux pendant plusieurs décennies.
Le présent avis ne repose pas sur l’affirmation que chacun de ces impacts serait, pris isolément, incompatible avec la réglementation. Il repose sur un constat plus général et déterminant : pour un projet de cette ampleur, le dossier ne permet pas aujourd’hui de démontrer de manière suffisamment robuste que les impacts environnementaux, sanitaires et territoriaux sont maîtrisés dans la durée.
Cette conclusion est renforcée par les observations formulées par la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) dans son avis du 14 août 2026, qui relève notamment des insuffisances concernant le bilan énergétique, les émissions de gaz à effet de serre, les alternatives étudiées, la récupération de chaleur, la qualité de l’air et les situations de fonctionnement prolongé des groupes électrogènes, ainsi que la pollution des sols et les risques pour les eaux souterraines.
I. UN PROJET DE TRÈS FORTE PUISSANCE DONT LE BILAN ÉNERGÉTIQUE RESTE INSUFFISAMMENT CARACTÉRISÉ
Le projet représente une puissance électrique de raccordement de 90 MW.
La MRAe relève elle-même une difficulté importante dans le dossier : plusieurs valeurs de consommation électrique sont présentées, dont une consommation annoncée de 472 GWh à 80 % de charge, tandis qu’une autre valeur conduit à une consommation annuelle sensiblement supérieure. Elle recommande par conséquent que le bilan énergétique du projet soit complété et clarifié.
Cette observation est importante.
Pour une infrastructure appelée à fonctionner 24 heures sur 24 pendant plusieurs décennies, la consommation électrique ne constitue pas un simple paramètre technique : elle est l’un des principaux déterminants de l’impact environnemental du projet.
Il est donc indispensable de connaître de manière cohérente la puissance réellement appelée ; la puissance informatique utile ; le profil de charge envisagé ; la consommation annuelle selon plusieurs scénarios d’exploitation ; la consommation des systèmes de refroidissement et des équipements auxiliaires ; les hypothèses de montée en puissance ; et, surtout, les hypothèses retenues pour apprécier les impacts cumulés avec les autres data centers du secteur.
À ce stade, ces éléments ne paraissent pas suffisamment consolidés pour permettre au public de mesurer précisément la consommation future de l’installation.
Cette incertitude est d’autant moins anodine que le territoire d’Orly–Rungis–Wissous–Paray-Vieille-Poste connaît déjà un développement important de capacités de data centers.
Le principe général posé par l’article L.110-1 du Code de l’environnement impose notamment que les politiques publiques concilient protection de l’environnement, développement économique et progrès social et prennent en compte les principes de prévention et de précaution. L’article L.110-1-2 donne en outre la priorité à la prévention de l’utilisation des ressources et à une utilisation sobre et responsable de celles-ci.
Il ne s’agit pas d’interdire par principe les data centers. Il s’agit de demander que la nécessité et le bilan environnemental d’un équipement de 90 MW soient établis avec un niveau de précision proportionné à son importance.
II. UN PROJET QUI NE PEUT PAS ÊTRE EXAMINÉ INDÉPENDAMMENT DU DÉVELOPPEMENT DES DATA CENTERS À RUNGIS ET À WISSOUS
L’impact territorial du projet doit être apprécié dans son environnement réel.
À proximité immédiate, le secteur de Paris-Orly-Rungis connaît déjà un développement important de capacités de centres de données.
1. Le projet hyperscale d’Icade à Rungis
Le projet d’Icade à Rungis prévoit une puissance électrique d’environ 130 MW. La MRAe, dans son avis du 7 mai 2025, a analysé ce projet et a évalué son bilan carbone global à environ 891 000 tonnes équivalent CO2, dont environ 813 000 tonnes liées à la phase d’exploitation et 78 500 tonnes liées à la construction, hors certaines phases de démolition et de fin de vie.
Surtout, la MRAe souligne que la récupération annoncée de 15 MW de chaleur était, au stade du dossier, très incertaine en l’absence d’engagement ferme et contractualisé, et qu’elle ne pouvait donc pas être intégrée comme un bénéfice acquis du projet.
Ce précédent est particulièrement instructif pour le projet de Paray-Vieille-Poste : l’annonce d’une récupération de chaleur ne doit pas être assimilée à une valorisation effective tant que les infrastructures, les utilisateurs et les engagements correspondants ne sont pas sécurisés.
Icade indique par ailleurs aujourd’hui que son projet hyperscale de Rungis est un projet de 130 MW, dont la livraison est prévue en 2031, et que son modèle de co-exploitation est encore à l’étude.
2. Le précédent de Wissous
Le projet CyrusOne de Wissous constitue un autre exemple concret de développement de capacités importantes dans ce même secteur géographique.
L’étude d’impact du projet d’extension indique que le site de Wissous, situé au 1 boulevard Arago, correspond à la transformation d’un ancien entrepôt en data center et prévoit notamment une alimentation électrique par deux arrivées souterraines depuis le réseau 225 kV.
La Cour administrative d’appel de Versailles a par ailleurs statué en 2025 sur l’agrandissement de ce data center. Le développement de ces infrastructures peut donc s’inscrire dans une logique de déploiement progressif et par phases.
Il ne serait pas sérieux d’en déduire que le projet de Paray-Vieille-Poste fera nécessairement l’objet d’extensions futures.
En revanche, cela justifie une question qui doit être posée au stade de l’autorisation :
quelles garanties permettent de considérer que le projet présenté aujourd’hui constitue bien l’état définitif de l’installation et que ses futures évolutions ne conduiront pas à une augmentation progressive des capacités et des impacts environnementaux ?
Le public doit pouvoir disposer d’une vision suffisamment claire de cette trajectoire.
III. UNE QUESTION DE TRANSPARENCE ET DE SUIVI ENVIRONNEMENTAL QUI NE PEUT ÊTRE ÉCARTÉE
La question de la transparence mérite une attention particulière.
Il serait excessif d’affirmer que le dossier serait juridiquement « opaque » ou que l’exploitant réel serait nécessairement inconnu.
En revanche, il existe une difficulté objective concernant la disponibilité, dans la durée, des données réelles d’exploitation des data centers.
Icade indique elle-même dans son Document d’enregistrement universel 2025 que la consommation énergétique des data centers constitue une donnée sensible pour les exploitants, souvent protégée par le secret des affaires. Pour ses cinq data centers en exploitation, Icade précise avoir estimé certaines consommations à partir de données issues de la littérature. Elle indique également qu’elle loue les infrastructures à des exploitants qui installent leurs propres équipements techniques et serveurs.
Cette situation montre que la question de la transparence ne doit pas être limitée à la phase d’autorisation.
Pour un équipement de 90 MW, il paraît nécessaire de prévoir des garanties permettant, pendant toute la durée d’exploitation, de suivre notamment :
la consommation électrique réelle ;
la consommation d’eau ;
le fonctionnement des groupes électrogènes ;
les émissions atmosphériques ;
les nuisances sonores ;
la consommation et les fuites éventuelles de fluides frigorigènes ;
la chaleur effectivement valorisée ;
les incidents et situations de fonctionnement dégradé.
La question est d’autant plus légitime que le modèle économique et le mode d’exploitation des data centers peuvent évoluer dans le temps.
L’autorisation environnementale ne devrait donc pas être appréciée uniquement sur la base d’un état théorique initial du site, mais également sur la capacité à garantir un suivi environnemental vérifiable et une information suffisante du public pendant l’exploitation.
IV. LA VALORISATION DE LA CHALEUR : UN POTENTIEL RÉEL, MAIS QUI NE DOIT PAS ÊTRE CONFONDU AVEC UN BÉNÉFICE GARANTI
Le projet prévoit une possibilité de valorisation de la chaleur fatale.
Ce point constitue un élément positif du projet, mais il doit être apprécié avec prudence.
L’arrêté préfectoral d’agrément accordé à SNC PARAY DC en janvier 2025 indique que les études de récupération de chaleur font apparaître un potentiel d’export vers les réseaux de chaleur d’environ 10 MW dès la première phase, correspondant à un taux de valorisation d’environ 16 %, qui pourrait dépasser 30 % à terme.
Il faut cependant distinguer clairement :
la capacité technique à fournir de la chaleur et la valorisation effective de cette chaleur.
Pour que les 10 MW deviennent effectivement une ressource énergétique locale, il faut notamment :
un réseau de chaleur disponible ;
une infrastructure de raccordement ;
un dimensionnement compatible entre production et demande ;
un exploitant du réseau ;
des utilisateurs ;
des investissements ;
et une organisation pérenne permettant la continuité du dispositif.
Or la MRAe indique que le raccordement à un réseau de chaleur reste à préciser et recommande que l’étude d’impact soit actualisée lorsque le projet de récupération de chaleur sera suffisamment défini.
La chaleur fatale ne doit donc pas être comptabilisée comme un bénéfice environnemental pleinement acquis tant que les conditions de sa valorisation effective ne sont pas sécurisées.
Cette question est d’autant plus importante que le projet est appelé à fonctionner en continu.
V. DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE QUI RESTENT INSUFFISAMMENT CARACTÉRISÉES
La MRAe estime que le dossier doit être complété concernant le bilan des émissions de gaz à effet de serre, notamment pour les émissions liées à la construction et à certains éléments du cycle de vie.
Elle relève également que l’estimation annuelle d’exploitation présentée dans le dossier s’établit à environ 19 237 tonnes de CO2e, mais que le bilan ne permet pas encore d’appréhender complètement l’empreinte globale du projet.
Pour un équipement de cette taille, une approche limitée aux seules émissions directement liées au fonctionnement courant n’est pas suffisante.
Il convient également de considérer la construction du bâtiment ; les équipements techniques ; les raccordements électriques ; les équipements informatiques ; les fluides frigorigènes ; les opérations de renouvellement ; et la fin de vie des équipements.
La comparaison avec Rungis est ici particulièrement instructive : la MRAe avait identifié pour ce projet un bilan carbone global de l’ordre de 891 000 tonnes de CO2e, avec une très forte contribution de la phase d’exploitation.
Il serait donc particulièrement important que le projet de Paray présente un bilan carbone complet et comparable, permettant d’apprécier son impact réel sur l’ensemble de son cycle de vie.
VI. QUALITÉ DE L’AIR : UNE VULNÉRABILITÉ PARTICULIÈREMENT IMPORTANTE EN CAS DE FONCTIONNEMENT DES GROUPES ÉLECTROGÈNES
Le projet prévoit 43 groupes électrogènes de secours.
Le fonctionnement normal repose principalement sur l’alimentation électrique du réseau. Les groupes sont destinés aux situations de secours et aux essais périodiques.
Il serait donc excessif d’affirmer que les émissions correspondant au fonctionnement permanent de ces groupes sont certaines.
En revanche, leur présence constitue un enjeu important en matière de qualité de l’air, compte tenu du nombre d’équipements et de leur puissance.
La MRAe souligne que le territoire est déjà soumis à une pression importante en matière de qualité de l’air et relève que le dossier ne permet pas de caractériser suffisamment certaines situations de fonctionnement prolongé ou exceptionnel.
Elle recommande notamment des compléments concernant les concentrations de polluants dans différentes situations temporelles.
Cet élément est important : la robustesse d’un dossier environnemental doit être appréciée non seulement en fonctionnement nominal, mais aussi dans les situations de secours susceptibles de durer plusieurs heures ou plusieurs jours.
La présence de 43 groupes électrogènes, associés à un stockage important de combustible, justifie donc que les scénarios d’urgence soient documentés avec un niveau de précision particulièrement élevé.
VII. NUISANCES SONORES : NE PAS AFFIRMER UNE NON-CONFORMITÉ, MAIS EXIGER DES GARANTIES SUR LES SCÉNARIOS RÉELS D’EXPLOITATION
Le fonctionnement d’un data center implique des installations de refroidissement et de ventilation fonctionnant de manière continue.
L’étude acoustique du projet modélise plusieurs situations de fonctionnement et conclut à la conformité du fonctionnement normal avec les exigences réglementaires applicables.
Il ne serait donc pas justifié d’affirmer, sur la seule base du dossier, une non-conformité acoustique certaine.
En revanche, l’étude identifie également des niveaux beaucoup plus élevés lors des essais des groupes électrogènes.
Avec 43 groupes, les phases de test constituent donc un enjeu particulier.
La réglementation applicable aux bruits de voisinage prévoit notamment des valeurs maximales d’émergence de 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit, sous réserve des conditions réglementaires applicables, ainsi que des critères spécifiques concernant les émergences spectrales.
La question essentielle est donc celle de la maîtrise effective des nuisances : fréquence des essais ; durée des essais ; horaires ; fonctionnement simultané ou non des groupes ; conditions de fonctionnement en situation d’urgence ; information des riverains ; mesures acoustiques après mise en service.
Le caractère exceptionnel annoncé des essais ne dispense pas de prévoir un dispositif de contrôle permettant de vérifier que les nuisances réellement constatées restent compatibles avec les exigences réglementaires.
VIII. SOLS POLLUÉS ET RISQUES POUR LES EAUX SOUTERRAINES
Le projet s’implante sur une ancienne friche industrielle destinée à être dépolluée.
La MRAe identifie ce sujet comme un enjeu important et estime que les informations disponibles sur les pollutions des sols, leur traitement et les risques résiduels pour les eaux souterraines doivent être approfondies.
Ce point ne doit pas être minimisé.
Les terrassements, les infrastructures techniques, les stockages de combustibles et les réseaux constituent autant d’éléments qui nécessitent une gestion rigoureuse des sols et des eaux.
Le dossier doit donc permettre de connaître clairement :
les polluants identifiés ;
leur localisation ;
les concentrations mesurées ;
les voies de transfert potentielles ;
les mesures de dépollution prévues ;
les modalités de gestion des terres excavées ;
les mesures de protection des eaux souterraines ;
et les modalités de suivi après travaux.
La MRAe considère que ces éléments ne sont pas encore suffisamment détaillés pour permettre d’apprécier complètement les risques résiduels.
Dans ces conditions, l’autorisation d’un équipement industriel de cette ampleur apparaît prématurée tant que la maîtrise de ces risques n’est pas démontrée de manière suffisamment précise.
IX. EAU, IMPERMÉABILISATION ET RUISSELLEMENT
Le projet prévoit une emprise bâtie importante, de l’ordre de 15 260 m2, sur un secteur déjà fortement artificialisé.
La question n’est pas uniquement celle de l’emprise propre du projet : elle doit être replacée dans le contexte plus large de la plaine d’Orly et des nombreux projets d’aménagement en cours ou envisagés.
Le principe de gestion équilibrée et durable de la ressource en eau, posé notamment par l’article L.211-1 du Code de l’environnement, implique de préserver les équilibres hydrologiques, de prévenir les inondations et de favoriser une utilisation efficace et économe de l’eau.
Il convient donc de vérifier précisément : les surfaces réellement imperméabilisées ; les surfaces en pleine terre ; les dispositifs de gestion des eaux pluviales ; les volumes stockés ; les débits de rejet ; les conditions de fonctionnement lors des épisodes pluvieux intenses ; les besoins en eau liés au refroidissement ; et les impacts cumulés avec les aménagements voisins.
Il est particulièrement important que les besoins en eau soient évalués dans les situations de forte chaleur, précisément au moment où les ressources et les réseaux peuvent être les plus sollicités.
X. BIODIVERSITÉ ET POLLUTION LUMINEUSE
L’article L.411-1 du Code de l’environnement prévoit un régime de protection particulièrement strict pour les espèces animales et végétales protégées et leurs habitats.
La question de la biodiversité ne se limite pas à l’existence éventuelle d’une espèce protégée sur le site.
Elle concerne également la destruction ou l’altération d’habitats ; les effets de l’éclairage nocturne ; les nuisances sonores ; les perturbations pendant les travaux ; et la fragmentation des espaces favorables à la biodiversité.
La conception d’un data center impose des contraintes importantes de sûreté, de surveillance et d’éclairage.
Il est donc nécessaire de démontrer que ces contraintes ont été conciliées avec la préservation de la biodiversité et, en particulier, avec la limitation de la pollution lumineuse.
Il convient de privilégier des mesures précises et vérifiables : extinction ou réduction de l’éclairage lorsque cela est possible, orientation des luminaires, limitation des flux lumineux vers les espaces naturels, gestion horaire et suivi des effets.
XI. UN ENJEU TERRITORIAL QUI DÉPASSE LE SEUL PÉRIMÈTRE DU PROJET
Le projet doit enfin être considéré dans la trajectoire globale du territoire.
Rungis, Wissous et Paray-Vieille-Poste accueillent ou prévoient des infrastructures de data centers de puissance très importante.
À Rungis, un projet hyperscale de 130 MW est prévu. À Wissous, le projet CyrusOne développe également une capacité importante et est raccordé à une infrastructure électrique 225 kV. À Paray-Vieille-Poste, un nouveau projet de 90 MW est aujourd’hui soumis à consultation.
Il ne s’agit pas d’affirmer que ces projets constituent juridiquement une seule opération.
En revanche, leur proximité géographique et leur nature comparable justifient une analyse territoriale des effets cumulés, notamment concernant les besoins en électricité ; les infrastructures de raccordement ; les besoins en eau ; les rejets de chaleur ; les émissions de gaz à effet de serre ; la qualité de l’air ; les nuisances sonores ; les surfaces artificialisées ; et la capacité du territoire à accueillir durablement de nouvelles infrastructures de cette nature.
Cette approche est d’autant plus nécessaire que le développement des data centers est susceptible de se poursuivre par étapes.
L’enjeu n’est donc pas seulement : « ce projet est-il acceptable isolément ? »
Il est aussi :
« quel niveau de concentration de ces infrastructures le territoire peut-il absorber sans compromettre ses objectifs énergétiques, climatiques, hydrologiques et environnementaux ? »
Cette question mérite une réponse avant d’autoriser une nouvelle installation de 90 MW.
XII. UNE AUTORISATION QUI APPARAÎT PRÉMATURÉE AU REGARD DES INCERTITUDES DU DOSSIER
Plusieurs éléments importants du projet ne sont pas aujourd’hui suffisamment stabilisés :
le bilan énergétique complet et cohérent ;
le bilan carbone sur l’ensemble du cycle de vie ;
les modalités effectives de valorisation de la chaleur ;
les scénarios de fonctionnement prolongé des groupes électrogènes ;
les conséquences sur la qualité de l’air ;
la gestion des sols pollués et les risques résiduels pour les eaux souterraines ;
les modalités de suivi des nuisances ;
et les effets cumulés avec les autres infrastructures de data centers du secteur.
Ces incertitudes ne sont pas de simples détails techniques.
Elles concernent précisément les principaux impacts environnementaux d’une infrastructure de 90 MW.
La MRAe elle-même recommande plusieurs compléments sur ces différents sujets. Son avis n’est pas un avis favorable ou défavorable au projet, mais il constitue un élément important d’appréciation de la qualité du dossier soumis au public.
Dans ce contexte, il ne paraît pas justifié de considérer que les mesures proposées suffisent d’ores et déjà à établir un bilan environnemental satisfaisant.
XIII. CONCLUSION : UN AVIS DÉFAVORABLE JUSTIFIÉ PAR LA PROPORTION ENTRE LA PUISSANCE DU PROJET ET LE NIVEAU D’INCERTITUDE RESTANT
Le projet de Paray-Vieille-Poste présente une puissance exceptionnelle de 90 MW et s’inscrit dans un territoire qui accueille déjà plusieurs projets de data centers de grande capacité.
Il ne s’agit pas de contester le principe des infrastructures numériques ni de nier les mesures environnementales prévues par le pétitionnaire.
La question est celle de la proportion entre la puissance et la durée de l’installation, d’une part,
Et le niveau de démonstration apporté quant à la maîtrise de ses impacts, d’autre part.
À ce stade, cette démonstration apparaît insuffisante.
Les incertitudes relevées concernent des éléments essentiels : énergie, carbone, chaleur fatale, air, bruit, sols, eau et effets cumulés.
Dans un contexte de changement climatique, de tension sur les ressources et de développement rapide des infrastructures numériques en Île-de-France, il apparaît nécessaire d’appliquer pleinement les principes de prévention et de précaution du Code de l’environnement.
L’autorisation d’un équipement de cette ampleur ne devrait pas intervenir avant que les principaux impacts soient suffisamment caractérisés, que les mesures de réduction soient précisément définies et que les engagements annoncés puissent être vérifiés dans la durée.
En conséquence, il est demandé au commissaire enquêteur de rendre un :
AVIS DÉFAVORABLE
à la demande d’autorisation environnementale et au projet présenté par SNC PARAY DC.
Cet avis défavorable est motivé non par le seul principe de l’implantation d’un data center, mais par l’insuffisance actuelle de la démonstration environnementale au regard de l’ampleur exceptionnelle du projet et de ses effets potentiellement cumulés avec les infrastructures déjà développées ou projetées à Rungis, Wissous et dans le secteur d’Orly.
PRINCIPALES RÉFÉRENCES
Dossier du projet de Paray-Vieille-Poste
• Consultation du public relative au projet de SNC PARAY DC, 1 avenue du Maréchal-Devaux, Paray-Vieille-Poste. Consultation du 24 août au 25 novembre 2026. Le projet relève notamment des rubriques ICPE 3110 et 1436-1.
• Étude d’impact et pièces environnementales du dossier de consultation.
• Étude acoustique du projet.
• Étude relative aux sols et aux pollutions.
• Étude biodiversité.
• Étude relative au raccordement électrique.
• Avis de la MRAe Île-de-France, n° 019554/GUNENV, 14 août 2026.
Principes du Code de l’environnement
• Article L.110-1 : principes de prévention, précaution et prise en compte de la protection de l’environnement dans les politiques publiques.
• Article L.110-1-2 : prévention de l’utilisation des ressources et utilisation sobre et responsable des ressources.
• Article L.211-1 : gestion équilibrée et durable de la ressource en eau.
• Article L.411-1 : protection des espèces animales et végétales protégées et de leurs habitats.
Nuisances sonores
• Code de la santé publique, articles R.1336-6 à R.1336-10, notamment les règles relatives à l’émergence sonore et à l’émergence spectrale.
Projet Icade – Rungis
• MRAe Île-de-France, Avis n° APJIF-2025-048 du 7 mai 2025 – Projet de datacenter Icade à Rungis : puissance de raccordement d’environ 130 MW, analyse de la consommation énergétique, du bilan carbone et de la récupération de chaleur. La MRAe évalue notamment le bilan global présenté à environ 891 000 tCO2e et considère la récupération de chaleur annoncée comme incertaine en l’absence d’engagements fermes.
• Icade, Document d’enregistrement universel 2025 : informations sur les data centers en exploitation, la sensibilité des données de consommation énergétique, le recours à des estimations, et le projet hyperscale de Rungis.
• Icade, Rapport annuel intégré 2025 : projet hyperscale de 130 MW à Rungis et étude d’un modèle de co-exploitation.
Projet CyrusOne – Wissous
• Étude d’impact environnemental du projet d’extension du data center CyrusOne, 1 boulevard Arago, Wissous : transformation d’un ancien entrepôt, extension du data center et raccordement électrique souterrain depuis le réseau 225 kV.
• Cour administrative d’appel de Versailles, décision du 9 octobre 2025 relative à l’agrandissement du data center de Wissous.
• Documentation technique CyrusOne PAR1 : alimentation par arrivées 225 kV, capacité de 60 MVA, groupes de secours et autonomie de combustible.
Chaleur fatale du projet de Paray
• Arrêté préfectoral d’agrément accordé à SNC PARAY DC le 28 janvier 2025 : potentiel d’export de chaleur d’environ 10 MW dès la première phase, avec un taux de valorisation annoncé d’environ 16 %, susceptible d’évoluer à terme.
Contribution n°10 (Web)
Déposée le 16 septembre 2026 à 12h33
Après un été à 6 vagues de canicule, des réserves d'eau au plus bas, nous ne pouvons pas nous permettre de sacrifier nos ressources en eau au détriment de la population.
Contribution n°9 (Web)
Déposée le 14 septembre 2026 à 10h49
A. Le désastre carbone : l'exemple du méga-projet Icade à Rungis
Pour contrer l'argument de la "neutralité carbone" souvent mis en avant par les constructeurs, il faut citer le bilan carbone réel d'une infrastructure similaire à proximité.
Selon le rapport officiel de la fédération France Nature Environnement Île-de-France (FNE-IDF), le projet de centre de données d'Icade au sein du parc d'affaires de Rungis affiche un bilan carbone colossal estimé à 891 000 tonnes équivalent CO2
Mise en perspective juridique : Ce volume d'émissions de gaz à effet de serre est en totale contradiction avec la trajectoire Net-Zero de la région et de l'Accord de Paris. À lui seul, le complexe de Rungis va absorber plus de 20 % de la consommation électrique de tout l'Établissement Public Territorial (EPT) Grand-Orly Seine Bièvre. Ajouter les 90 MW de Paray-Vieille-Poste revient à asphyxier définitivement les capacités énergétiques et les objectifs climatiques du territoire
B. La menace des infrastructures de raccordement : le précédent de Wissous
Le projet de Paray-Vieille-Poste ne doit pas être analysé comme un bâtiment isolé, mais avec ses infrastructures de raccordement électrique, souvent dissimulées par les promoteurs sous forme de projets découpés (technique du "saucissonnage" de projet).
Le précédent CyrusOne à Wissous : À Wissous, le projet de l'opérateur américain CyrusOne (dédié à 80 % aux serveurs d'Amazon) a fait l'objet de lourds recours juridiques de la part de trois associations locales. Pour alimenter les extensions de serveurs, les opérateurs imposent le déploiement de lignes à très haute tension de 225 000 volts qui doivent être enterrées en urgence à travers les communes.
L'impact local masqué : Ces lignes THT de 225 000 V génèrent de lourds travaux destructeurs en plein centre-ville, traversent des espaces naturels protégés (comme dans la vallée de la Bièvre voisine) et passent à proximité immédiate des habitations et des établissements scolaires, suscitant de vives inquiétudes sanitaires concernant les champs électromagnétiques. Le projet de Paray subira à terme la même dérive d'infrastructure
Contribution n°8 (Web)
Déposée le 14 septembre 2026 à 10h35
L’analyse des pièces du dossier, mise en perspective avec les avis des autorités environnementales et des commissions de gestion de l’eau, révèle des incompatibilités majeures avec les réglementations en vigueur.
I. CADRE JURIDIQUE ET INFRACTION AUX PRINCIPES DE SOBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE
(Réf : Article L. 110-1 du Code de l’environnement)
Le projet prévoit une infrastructure informatique de très haute densité nécessitant une puissance électrique continue de 90 mégawatts (MW).
1. Incompatibilité avec l’article L. 110-1 : Cet article consacre le principe d'utilisation durable des ressources et de sobriété. L'injection d’une telle charge sur le réseau local équivaut à la consommation d'une agglomération de plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Cela crée une tension structurelle évidente sur le réseau de transport d'électricité (RTE) francilien, au détriment des besoins de décarbonation des transports publics et des industries locales.
2. Le caractère fallacieux de la valorisation de la chaleur fatale (Réf : Article L. 229-47) : Le pétitionnaire affiche une intention de récupérer 10 MW de chaleur fatale pour la réinjecter dans les réseaux de chauffage urbain. Or, l’étude d'impact démontre l'absence de réseaux de chaleur compatibles, interconnectés et immédiatement disponibles à proximité immédiate du site. En l’absence de garanties contractuelles fermes de raccordement dès la mise en service, cette promesse reste un affichage théorique destiné à masquer un immense gaspillage thermodynamique.
II. IMPACT HYDROLOGIQUE CRITIQUE ET IMPERMÉABILISATION DES SOLS
(Réf : Avis de la Commission Locale de l’Eau du SAGE de la Bièvre)
La gestion des eaux pluviales et de la ressource hydraulique constitue le point de vulnérabilité technique majeur du projet, ayant motivé l'avis défavorable ferme de la Commission locale du SAGE de la Bièvre.
1. Rupture des équilibres hydrodynamiques : Le projet prévoit une emprise au sol de 15 260 m2 sur une parcelle totale de près de 3 hectares. Cette imperméabilisation massive au sein d'une zone aéroportuaire d'Orly déjà saturée accélère drastiquement les coefficients de ruissellement. En cas d’épisode pluvieux décennal ou centennal, les dispositifs de rétention prévus par le maître d’ouvrage s'avèrent sous-dimensionnés, entraînant un risque majeur de saturation des collecteurs publics et d’inondation par refoulement des quartiers bas des communes limitrophes.
2. Menace sur la ressource en eau en période de stress hydrique : Bien que le système de refroidissement annoncé fonctionne en circuit fermé (chillers), les phases climatiques extrêmes (canicules estivales) imposeront le recours à des systèmes d'évaporation d'eau d'appoint (cooling towers). La consommation de pointe en eau potable du site lors de ces pics saisonniers viendra concurrencer directement les besoins domestiques de la population locale, dans un contexte de raréfaction de la ressource en Île-de-France.
III. POLLUTION ACOUSTIQUE TECHNIQUE ET SUPPRESSION DE L'ÉMERGENCE NOCTURNE
(Réf : Articles R. 1336-6 à R. 1336-10 du Code de la santé publique)
La tranquillité publique et la santé des riverains de Paray-Vieille-Poste sont directement menacées par la nature même du bruit émis par un centre de données, qui se caractérise par une permanence temporelle absolue (24h/24, 365 jours par an).
1. Niveaux d’émission brute à la source :
o Systèmes de ventilation et de refroidissement continus : Les extracteurs d'air industriels en toiture émettent un niveau de puissance acoustique brut compris entre 75 et 85 dB(A) en continu.
o Centrales d'énergie de secours : Les 43 groupes électrogènes diesel, indispensables à la redondance électrique, génèrent lors de leurs phases de test réglementaires ou de délestage un niveau de bruit critique compris entre 95 et 105 dB(A) à la source.
2. Violation manifeste de la règle de l'émergence nocturne : L'article R. 1336-7 du Code de la santé publique fixe la limite maximale d'émergence à +3 dB(A) la nuit (de 22h à 7h). La commune de Paray-Vieille-Poste bénéficie du couvre-feu aéroportuaire de l'aéroport d'Orly, ce qui permet au bruit de fond résiduel nocturne de chuter significativement. L'introduction d'un vrombissement industriel constant évalué entre 45 et 50 dB(A) au droit des habitations les plus proches brisera ce calme nocturne. Le projet est donc techniquement incapable de respecter les seuils légaux d'émergence nocturne en période de neutralisation des vols.
3. Le fléau sanitaire des basses fréquences et infrasons : Les mesures acoustiques présentées par le pétitionnaire se focalisent sur la pondération A (dB(A)), masquant délibérément l'impact des basses fréquences (inférieures à 50 Hz). Les vibrations générées par les flux d'air massifs des ventilateurs de toiture ne sont pas arrêtées par les dispositifs d'isolation acoustique standards ni par les doubles vitrages des habitations. Ces infrasons se propagent par voie solide et aérienne, provoquant chez les riverains exposés des pathologies lourdes et documentées : acouphènes objectifs, insomnies chroniques, céphalées et troubles anxio-dépressifs liés au syndrome de fatigue vibratoire.
IV. RISQUES TECHNOLOGIQUES MAJEURS ET POLLUTION HISTORIQUE DES SOLS
(Réf : Réglementation ICPE - Rubrique 2910 / Loi Climat et Résilience)
L'implantation d'une telle infrastructure au 1 avenue du Maréchal Devaux cumule des risques industriels intrinsèques et des risques liés au passé du site.
1. Stockage de masse d'hydrocarbures en zone aéroportuaire : L'alimentation des 43 groupes électrogènes de secours requiert l'implantation de cuves de stockage de fioul de très grande capacité. Ce stockage massif de matières inflammables à proximité immédiate des infrastructures de transport de la plateforme d'Orly constitue un facteur de risque aggravant en matière d'incendie, d'explosion (effet domino) et de pollution accidentelle majeure par déversement direct dans les sols. Les exigences de la rubrique ICPE 2910 (Combustion) ne sont pas satisfaites de manière à garantir l'absence totale de dérive technologique.
2. Remobilisation de la pollution historique des sols : Le site a supporté plus de quarante années d'activités industrielles et de maintenance lourde liées à Air France. Les sols présentent des concentrations sévères en hydrocarbures lourds, solvants halogénés et résidus d'amiante. Les opérations de terrassement, de pieutage et d'affouillement indispensables aux fondations d'un bâtiment de cette masse vont inévitablement déstructurer les couches géologiques superficielles. Cela expose le site à une remobilisation de ces polluants vers les nappes phréatiques superficielles et à des émanations de poussières toxiques pour les personnels de chantier et les riverains.
V. ATTEINTE GRAVE À LA BIODIVERSITÉ ET AUX CYCLES BIOLOGIQUES
(Réf : Article L. 411-1 du Code de l’environnement)
L’étude d’impact écologique annexée au dossier minimise de façon systémique l’impact du fonctionnement de l’usine numérique sur les corridors écologiques périphériques de la zone aéroportuaire.
1. Rupture de la trame noire par pollution lumineuse continue : Pour des raisons de sûreté industrielle et de vidéosurveillance active, le site prévoit un éclairage extérieur de forte intensité fonctionnant 24h/24. Cette pollution lumineuse nocturne permanente constitue une infraction caractérisée aux objectifs de préservation de la faune sauvage. Elle perturbe gravement les cycles biologiques, le comportement de chasse et les voies de migration des espèces de chiroptères (chauves-souris) et d'insectes pollinisateurs protégés, pourtant recensés dans les mailles écologiques locales.
2. Phénomène de masquage sonore pour l'avifaune : Le sifflement continu à haute fréquence des turbines de refroidissement engendre un bruit de fond permanent qui sature les fréquences de communication acoustique de l'avifaune locale (oiseaux nicheurs). Ce phénomène de masquage sonore interdit la communication territoriale et nuptiale des espèces, provoquant une désertion définitive des zones de nidification périphériques et une réduction de la biodiversité locale, en violation de l'esprit de l'article L. 411-1.
VI. BILAN SOCIO-ÉCONOMIQUE NÉGATIF ET ACCAPAREMENT FONCIER
(Réf : Directives d'aménagement de la Région Île-de-France)
Le projet proposé par SNC Paray DC confisque une parcelle stratégique de près de 30 000 m2 en petite couronne parisienne au profit d'une activité purement spéculative et capitalistique, sans contrepartie pour le territoire.
1. Indigence en matière de création d’emplois : Contrairement aux industries classiques ou aux zones de bureaux qu'il remplace, un centre de données est une infrastructure quasi intégralement automatisée. Les phases d'exploitation ne généreront, selon les données empiriques du secteur, que 15 à 30 emplois directs et pérennes (essentiellement des postes de sécurité privée et de maintenance technique de premier niveau). Le ratio "surface foncière mobilisée / emploi créé" est le plus bas de toutes les catégories d'activités industrielles existantes.
2. Stérilisation du foncier urbain : En gelant ces 3 hectares pour les quarante prochaines années, le projet prive la collectivité territoriale de Paray-Vieille-Poste et l'intercommunalité de réserves foncières cruciales pour le développement de projets d'utilité publique réelle : parcs urbains d'îlots de fraîcheur, logements sociaux qualitatifs ou implantations industrielles à forte intensité de main-d'œuvre et actrices de la transition écologique réelle.
CONCLUSION ET DEMANDE FORMELLE D’AVIS DÉFAVORABLE
Au vu de l’ensemble de ces éléments techniques, réglementaires et juridiques, il apparaît avec évidence que le projet de centre de données porté par la société SNC Paray DC (Hines) présente un bilan coûts/avantages profondément négatif pour la collectivité.
Les gains industriels privés ne sauraient masquer les certitudes de nuisances acoustiques permanentes (basses fréquences), les risques de pollution et d'inondation (rejet du SAGE), l'aberration énergétique des 90 MW requis, ainsi que la destruction de la biodiversité locale.
Contribution n°7 (Web)
Déposée le 9 septembre 2026 à 07h18
Contribution n°6 (Web)
Déposée le 8 septembre 2026 à 12h35
Contribution n°5 (Web)
Déposée le 2 septembre 2026 à 16h21
Centres de données et IA combinent ensemble tous les dangers :
- l'IA supprime des emplois pour des profits réservés à une frange exploitante / les emplois créés par la construction du centre ne seraient que des gains fugitifs, et ceux créés pour le centre même seront une quantité trop négligeable pour représenter un vrai gain collectif ;
- le centre ferait d'énormes dégâts écologiques, par la consommation à la fois d'énergie et d'eau, sans compter la probable artificialisation de surfaces, même s'il y a reprise de surfaces bâties
- encore plus grave, les énormes besoins en eau et en énergie ne pourront se faire dans ce monde aux ressources limitées (pourquoi faut-il encore le rappeler ?) qu'aux dépens de besoins bien réels, eux, des communes voisines;
- les data centers sont responsables d'une pollution sonore importante. Or nous parlons là d'un site déjà accablé par la proximité immédiate d'Orly, et dont la prochaine piste, décidée contre l'avis de la population, va encore endommager la qualité de vie de nombreuses communes. Le niveau sonore d'Orly dépasse déjà le plafond requis en matière de santé publique. Ce datacenter menace ainsi la santé publique des habitants.
- enfin, les data centers sont là uniquement pour répondre aux besoins de l'IA générative, qui joue un rôle gravement deshumanisant en supprimant encore et toujours plus des échanges entre personnes, alors que nous souffrons toutes et tous déjà de ne plus avoir accès à des humains. Pire encore, les annonces de pertes de contrôle des agents IA faites cet été par les trois principales sociétés qui les développent démontrent le danger pour la sécurité denos sociétés.
Coupons les moyens à l'IA en arrêtant la construction de nouveaux centres .
Refusons le bruit permanent supplémentaire que créerait le centre et les dommages cognitifs et de santé mentale qu'il occasionnerait.
(P)réservons l'eau et l'énergie pour les besoins de la population et de l'agriculture, et non pour de faux besoins.
Agissons de façon responsable en ne participant pas à cette action de fuite en avant vers un monde inexistant, qui se croit sans limites et accroît encore la catastrophe.
Contribution n°4 (Web)
Déposée le 26 août 2026 à 10h26
Madame, Monsieur le Commissaire Enquêteur,
En tant que riverain résidant à Athis-Mons, à la frontière immédiate du projet de Paray-Vieille-Poste, je souhaite exprimer un avis globalement favorable à l'implantation de ce centre de données, tout en émettant une réserve majeure concernant le partage de l'énergie produite.
Le dossier mentionne une zone réservée permettant de valoriser 10 MW de chaleur fatale. Si la priorité semble naturelle pour les infrastructures tertiaires de la friche ou de la zone aéroportuaire, le flou demeure quant à l'accès à cette énergie pour les zones résidentielles environnantes.
La transition énergétique ne peut se faire sans intégrer les habitants subissant les nuisances de ces chantiers. Le potentiel thermique de 10 MW est suffisant pour alimenter de nombreux foyers. Ne pas interconnecter ce projet avec un réseau de chaleur urbain étendu aux communes limitrophes, comme Athis-Mons, représenterait un immense gâchis énergétique.
Par la présente contribution, je demande formellement :
1. Que la SNC Paray DC et la Communauté d'Agglomération Grand Orly Seine Bièvre publient l'étude de faisabilité technico-économique relative à la chaleur fatale.
2. Qu'une étude d'opportunité soit menée pour étudier l'extension d'un réseau de chaleur basse température, soutenu par des pompes à chaleur, vers les quartiers résidentiels frontaliers d'Athis-Mons.
3. Que des garanties contractuelles lient l'exploitant du data center à une obligation de fourniture d'énergie locale plutôt qu'à une simple valorisation interne ou de confort pour la zone d'activité.
L'acceptabilité locale de ces infrastructures numériques passe impérativement par un retour concret et mesurable sur le pouvoir d'achat énergétique des riverains.
Je vous remercie pour la prise en compte de cette proposition.
Cordialement,